Premier constat : opacité, dépenses tues et clarification politique nécessaire
Ce premier conseil municipal de la mandature a déjà permis de faire apparaître plusieurs faits préoccupants sur la manière dont la majorité municipale entend gouverner.
Derrière une apparente routine institutionnelle, ce conseil a surtout révélé une méthode : peu d’explications, peu de transparence, des engagements financiers majeurs passés sous silence, et déjà une question politique centrale qui se pose : qui est réellement dans l’opposition à Neuilly ?
1. Intercommunalité : Générations Neuilly seule à défendre une représentation d’opposition
À notre grande surprise, Générations Neuilly a été le seul groupe à présenter des candidats d’opposition à l’intercommunalité.
Les trois autres élus se revendiquant de l’opposition ont donc choisi de voter pour les candidats du maire. Ce vote est tout sauf anecdotique. Il a une conséquence très concrète : pendant six ans, l’intercommunalité de Neuilly ne comptera aucun représentant de l’opposition, alors même qu’elle exerce des compétences essentielles en matière d’urbanisme, de logement social, d’aménagement et sur de nombreux autres sujets décisifs pour l’avenir de la ville.
Ce choix appelle inévitablement une interrogation politique simple : ces élus sont-ils réellement dans l’opposition ?
Ce premier vote était un test de vérité. Il introduit désormais une confusion réelle sur leur positionnement. Relèvent-elles encore de l’opposition ou s’inscrivent-elles déjà, dans les faits, dans une logique d’accompagnement de la majorité municipale ?
Il sera naturellement intéressant de lire leurs explications publiques, si ils souhaitent en donner, car être élu, c’est aussi rendre des comptes à ses électeurs.
Or les électeurs se sont exprimés clairement le 15 mars : 35,5 % des Neuilléens ont choisi un candidat autre que le maire sortant. Ce vote crée un devoir. Celui de représenter loyalement celles et ceux qui ont voulu une alternative.
Dans ces conditions, il serait normal que des choix aussi lourds, intervenus moins de deux semaines après le scrutin, soient assumés, expliqués et rendus publics.
Le prochain grand moment de clarification sera le vote du budget de fin d’année. Cette fois, il sera difficile de rester dans l’ambiguïté. Nous prenons date. Ce vote permettra de voir, sans faux-semblants, qui se situe dans la majorité et qui assume réellement une position d’opposition.
2. Pont de Neuilly : 5 millions d’euros confirmés, sans financement clair ni information préalable
Le maire nous a confirmé, contrairement à ce qui avait jusqu’ici été soutenu, que les travaux de réfection du pont de Neuilly ne relèvent pas seulement de l’État, mais concernent bien la Ville, qui devra prendre à sa charge 40 % du montant total, soit 5 millions d’euros.
À ce stade, aucune explication précise n’a été donnée sur le financement.
Faudra-t-il recourir à l’endettement ?
La Ville devra-t-elle procéder à de nouvelles ventes d’actifs, comme en 2024 ?
À ce jour, personne n’est en mesure de le dire.
Or une dépense d’une telle ampleur n’avait été ni annoncée, ni inscrite dans le budget 2026, voté il y a à peine trois mois. Cela soulève, une fois encore, une question sérieuse : celle de la sincérité budgétaire de la majorité municipale.
Une autre question se pose tout aussi clairement : pourquoi un engagement financier de 5 millions d’euros n’a-t-il pas été présenté aux Neuilléens pendant la campagne ? Une telle dépense aurait dû être expliquée de façon transparente. Elle ne l’a pas été.
Le maire s’est présenté devant les électeurs sans réel bilan de mandat, en préférant mettre en avant quelques classements flatteurs dans la presse plutôt qu’un exposé précis de la situation de la ville, de ses finances, de ses projets et de ses contraintes.
Cette manière de faire n’est d’ailleurs pas nouvelle. Le maire est l’un des rares en France à ne pas organiser de cérémonie de vœux ouverte aux administrés, ce qui lui évite commodément l’exercice du bilan annuel. Il est également l’un des rares à n’avoir publié ni véritable bilan de mi-mandat, ni authentique bilan de fin de mandat.
Le précédent mandat avait déjà donné un aperçu de cette méthode. En 2020, pas un mot sur les HLM pendant la campagne, avant que leur nombre ne soit presque doublé entre 2020 et 2026, dans des conditions qui posent des questions sur le coût, sur la cohérence urbanistique et sur les choix politiques opérés, jusqu’à conduire à la démolition d’hôtels particuliers pour construire du logement social.
L’épisode du budget 2024, dont l’insincérité avait déjà été dénoncée à l’époque par l’opposition, aurait pourtant dû servir de leçon. Cette année-là, les finances étaient si déséquilibrées que le maire avait dû recourir à 61 millions d’euros de cessions immobilières pour atteindre l’équilibre, dont la vente du Carreau de Neuilly à Gécina pour 31 millions d’euros.
Nous craignons aujourd’hui de voir se répéter exactement le même schéma : budgets incomplets, absence de bilan, silence pendant la campagne, puis révélation après l’élection de projets lourds, coûteux et absents du programme présenté aux électeurs.
3. Triangle Koenig : 2 millions d’euros et un an de travaux passés sous silence
Même méthode, même problème sur le triangle Koenig.
L’inversion du sens de circulation, accompagnée de travaux estimés à 2 millions d’euros pour une durée annoncée d’un an, n’a elle non plus fait l’objet d’aucune présentation sérieuse pendant la campagne municipale.
Là encore, ce qui avait été montré aux électeurs ne correspond pas à la réalité des décisions prises ni des projets en préparation. Une fois l’élection passée, les Neuilléens découvrent des opérations lourdes, coûteuses, contraignantes, qui auraient dû être présentées clairement avant le scrutin.
Il n’y a ici aucune véritable concertation. Un quartier entier s’apprête à subir un nouveau chantier d’ampleur sans que les premiers concernés, les habitants, aient été réellement consultés.
Et derrière la méthode, il y a le fond. Nous repartons pour un nouveau chantier pharaonique, mobilisant une nouvelle fois des moyens considérables au profit des travaux, alors même que la ville manque encore de marges pour développer davantage de services utiles aux habitants, aux familles, aux jeunes et aux seniors.
Le constat devient de plus en plus clair : Neuilly est une ville en travaux permanents, mais une ville toujours en retard sur les services.
4. Sécurité : toujours pas d’adjoint pleinement dédié à un sujet majeur
Nous avons demandé qu’un adjoint puisse exercer à plein temps la délégation à la sécurité, compte tenu de l’importance du sujet pour les habitants.
Aujourd’hui, le fait que cette question soit, en pratique, pilotée par le chef de cabinet Philippe Cuesta soulève de nombreuses interrogations, tant sur l’organisation retenue que sur sa légitimité politique. La sécurité mérite une responsabilité politique claire, visible, assumée et incarnée par un élu.
C’est un sujet majeur pour les Neuilléens. Il a d’ailleurs occupé une place importante pendant la campagne. Il est donc temps d’en tirer les conséquences. La sécurité ne peut plus rester le parent pauvre de la politique municipale. Elle doit être portée à la hauteur des attentes exprimées par les habitants.
5. Indemnités des conseillers municipaux : une justification étonnante et révélatrice
Des informations inexactes ont été données en conseil municipal par le maire au sujet des indemnités de mandat des conseillers municipaux.
Qu’il choisisse de ne pas indemniser l’opposition n’est pas, en soi, le point principal. En revanche, la justification avancée a de quoi surprendre.
Selon le maire, les conseillers municipaux qui ne disposent pas d’une délégation “ne travaillent pas”.
Une telle affirmation appelle une question très simple : à quoi sert un conseiller municipal s’il ne travaille pas ?
À rien.
Si le maire estime sincèrement que certains élus de son propre groupe ne travaillent pas, alors il devrait, par cohérence, en tirer les conséquences et demander leur remplacement ou leur démission.
Mesdames et Messieurs Elena Le Vacon, Laurent Azoulai, Stéphanie Flaisler, Gilles de La Motte, Sandrine Le Brem, Patrick Pessis et Alexandra Watenberg sont concernés. Ils apprécieront sans nul doute.
Au-delà de la maladresse, cette déclaration révèle surtout une conception extrêmement réduite du mandat local. Un conseiller municipal n’est pas seulement un élu titulaire d’une délégation exécutive. Il est aussi là pour examiner les dossiers, participer au débat, contrôler l’action de l’exécutif et représenter les habitants.
6. Un conseil municipal organisé pour faire voter vite, pas pour éclairer.
L’organisation même du conseil municipal continue de surprendre.
Les élus reçoivent des dossiers comportant des dizaines de délibérations, qu’il leur est ensuite demandé de voter sans que les raisons de fond soient sérieusement exposées. Une telle manière de procéder est contestable tant sur la forme que sur le fond.
Et lorsque des questions sont posées, le maire se permet ensuite d’en déclarer certaines hors sujet, ce qui est d’autant plus confortable qu’il n’a lui-même pas pris le temps d’exposer clairement les motifs des décisions soumises au vote.
Cette volonté manifeste d’expédier les séances en dit long. Elle traduit :
– une lassitude dans l’exercice du pouvoir,
– des habitudes anciennes devenues structurelles,
– des procédés dilatoires,
et surtout une pratique durable de l’opacité destinée à affaiblir le contrôle démocratique de l’opposition.
Conclusion
Ce premier conseil municipal de la mandature aura au moins eu le mérite de révéler, très tôt, la méthode de la majorité municipale.
Un conseil municipal n’est pas une chambre d’enregistrement.
Il ne peut pas devenir un simple exercice de validation à marche forcée, vidé de sa substance démocratique par des dossiers insuffisamment présentés, des dépenses tues et des débats écourtés.
Générations Neuilly sera au rendez-vous pour exiger de la clarté, du sérieux, de la cohérence et un véritable respect de la démocratie locale.
Le Groupe Générations Neuilly
Benoit Aguelon
Laurent Martin Saint-Léon
Hugo Braillon