La grande enquête : Le Jardin d’Acclimatation change de visage… et la mairie de Neuilly regarde ailleurs

Pendant des décennies, le Jardin d’Acclimatation a été, pour les familles, un lieu de promenade et de loisirs “à taille humaine”. Un endroit associé aux enfants, aux animaux, à des activités calmes. Un espace vert vivant, compatible avec la tranquillité d’un quartier d’habitation.
Aujourd’hui, beaucoup de riverains ont le sentiment d’assister à tout autre chose : un parc de loisirs intensif type Astérix ou Luna Park, qui attire plus loin, plus fort, plus tard. Et surtout : un changement qui s’installe sans que la mairie de Neuilly ne défende réellement ses habitants, contrairement à ce que les précédents maires faisaient.

Un changement assumé par le contrat… mais ignoré par la mairie ?
Depuis la Délégation de Service Public (DSP) signée le 10 octobre 2016 pour 25 ans, la transformation du Jardin est assumée : modernisation, attractivité renforcée, évolution du modèle économique. Sur le papier, c’est une stratégie. Dans la réalité, c’est un basculement : plus d’activités, plus de fréquentation, plus d’événementiel qui contreviennent pourtant avec les engagements signés par le Jardin d'Acclimatation, faisant des exploitants de celui-ci des délinquants que le Maire de Neuilly regarde agir en toute impunité.
Les annexes évoquent un “nouveau jardin” qui passe à 44 activités contre 32 auparavant, dont 23 attractions. Ce n’est pas un simple “rafraîchissement” : c’est un changement d’échelle.
Et c’est précisément là que la question se pose : comment la mairie de Neuilly a-t-elle anticipé et encadré les impacts sur ses riverains ?
Pour beaucoup, la réponse est douloureusement simple : elle ne l’a pas fait, ou elle n'est pas à la hauteur.


Les garde-fous existent… mais qui les fait respecter ?
Le Jardin est dans le Bois de Boulogne, un site classé, encadré. Le contrat prévoit des garde-fous : interdiction des bruits gênants, encadrement de la musique amplifiée, logique de maîtrise des nuisances, possibilité de mesures acoustiques en limite de propriété.
Très bien.

Mais un garde-fou n’est utile que s’il est utilisé. Et c’est là que la mairie de Neuilly est attendue : non pas dans des déclarations, mais dans des actes concrets, opposables, suivis.
Or les riverains décrivent l’inverse : un glissement progressif, puis une normalisation, avec toujours plus de nuisances… et trop peu de réaction. Il aura fallu que certains d’entre eux organisent une pétition pour être enfin reçus par le maire et la direction du Jardin…au bout de 3 ans !

Le vrai nœud : les soirées, les horaires étendus, l’événementiel
Le contrat prévoit que, pour des activités dites “annexes” (réceptions, séminaires, événements), l’exploitant peut ouvrir en soirée au-delà des horaires habituels, et fixer librement les jours et horaires de ces ouvertures. Tout cela devant être encadré comme cela a été signé par le Jardin mais dans les faits rien n’est pourtant respecté !
On comprend alors ce qui change pour un riverain : quand l’activité déborde vers la soirée et la nuit, les nuisances ne sont plus ponctuelles. Elles s’inscrivent dans le quotidien : bruit, lumières, annonces, attroupements, circulation, stationnement, insécurité réelle et ressentie.
Et là encore, la mairie de Neuilly est censée être un rempart : demander le calendrier, exiger des mesures, imposer une coordination opérationnelle, obtenir des engagements, documenter les problèmes, intervenir politiquement auprès de Paris.
Mais pour les riverains, ce rempart n’existe plus. De nombreux habitants ont écrit au maire, se sont réunis en collectif pour se plaindre des multiples nuisances, sonores et visuelles émanant d’un jardin devenu parc d’attraction juste sous leurs fenêtres. L’afflux de centaines de milliers de visiteurs par an a saturé le stationnement et créé des questions quant à la sécurisation d’un tel afflux de visiteurs. Et nous ne serions qu’à la moitié de leurs objectifs selon eux !

Une pétition… remise par huissier : symbole d’un mur politique
Le fait est révélateur : des riverains ont rédigé une pétition adressée au maire de Neuilly-sur-Seine. Et, faute d’avoir pu obtenir un rendez-vous avec le maire, ils ont choisi une démarche rare et lourde de sens : faire délivrer la pétition par huissier, pour être sûrs qu’elle soit bien reçue et prise en compte puisque le maire et son cabinet ne l’avaient pas prise au sérieux.
Dans une ville où la proximité est souvent brandie comme un argument, en arriver à un huissier pour simplement être entendu dit quelque chose : un dialogue rompu, et une mairie qui donne le sentiment de se protéger de ses administrés plutôt que de les protéger.

L’inaction, c’est aussi un choix
Qu’on soit clair : le Jardin dépend de Paris. Mais Neuilly n’est pas spectatrice.
Neuilly peut agir sur :
• La circulation et le stationnement,
• La présence opérationnelle sur les abords,
• La pression politique et la coordination inter-collectivités,
• Les demandes formelles d’encadrement (horaires, bruit, éclairage),
• La transparence : obtenir et publier le calendrier des manifestations, les autorisations, les mesures acoustiques.
• Le respect des obligations et des engagements du Jardin d'acclimatation
• S’ingérer dans les instances responsables dès lors où les nuisances pèsent sur la ville
Alors une question devient incontournable : si la mairie n’a pas produit publiquement ces éléments , calendrier, mesures, engagements, résultats , est-ce parce qu’elle n’a pas voulu se battre… ou parce qu’elle n’a rien obtenu ?
Dans les deux cas, le résultat pour les habitants est le même : les nuisances montent, et Neuilly encaisse.

Les 5 questions qui accusent, parce qu’elles sont simples, sont :
1. Où est le calendrier prévisionnel des manifestations, notamment en soirée ?
2. Où sont les mesures acoustiques indépendantes en limite côté Neuilly ?
3. Où sont les autorisations “manifestations exceptionnelles” (procédure à 45 jours) et leurs conditions ?
4. Où sont les engagements écrits sur la musique amplifiée, l’éclairage, les dispositifs anti-nuisances ?
5. Où est le plan opérationnel de gestion des flux (stationnement, circulation, présence sur le terrain) ?

Tant que ces réponses ne sont pas publiques, la mairie ne pourra pas se contenter de dire “nous suivons le dossier”. Suivre n’est pas agir.

Conclusion : ce n’est plus seulement un sujet de parc, c’est un sujet de mandat
Le débat n’est pas “pour ou contre” le Jardin d’Acclimatation. Le débat, est qui protège les habitants quand ce type d'activité se transforme sous leurs fenêtres ?
Jusqu’ici, beaucoup de riverains ont le sentiment d’une mairie absente, silencieuse, ou incapable de peser. Une mairie qui, par inaction, laisse s’installer une intensification durable des nuisances à la frontière de la commune.
Et c’est peut-être cela, le vrai scandale : pas le changement du Jardin, mais le fait que Neuilly ne se défende plus et que le maire soit défaillant.

Élu maire le mois prochain, je m'engage, comme pour toutes autres nuisances constatées ou à venir pour les Neuilléens, à défendre leurs intérêts, pour la préservation de notre cadre de vie.

Benoit Aguelon, Générations Neuilly
Un maire qui protège, une équipe à l'écoute.

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